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    Sans DSK à la tête du FMI, la crise grecque ne serait pas pire…

    Article publié le dimanche 30 mai 2010 par Hervé

    Extrait de l’article éponyme , d’AGORA VOX le media citoyen

    Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international pour 500 000 dollars nets par an, s’était engagé initialement, selon ses collaborateurs, à « modifier la philosophie du FMI pour y insuffler un esprit plus keysianniste ».

    Aujourd’hui,force est de constater que le plan grec est dans la lignée des précédents plans internationaux du FMI. Et l’on aurait du mal à considérer qu’il vire à gauche, comme le rappelle James Galbraith, économiste à l’université du Texas : DSK a tenté un virage, « mais quand on regarde le contenu des conditions de prêts à la Grèce, cela reste finalement très orthodoxe »…

    […]

    Le FMI a bien réussi dans son rôle consistant à obliger les pays en voie de développement à s’ouvrir à la mondialisation libérale. Il utilise pour cela le levier de la dette que ces pays ont contracté auprès des banques.

    Cette dette, bien souvent le fait initial de dictateurs (Chili, Brésil, Argentine, Philippines, Zaïre…) avait notamment étranglé ces pays lorsque le président des Etats-Unis Donald Reagan décida d’une augmentation brutale des taux d’intérêt en 1979. Pour faire face au paiement des intérêts colossaux de leur dette, les pays en voie de développement ont été obligés de solliciter des prêts auprès de la Banque Mondiale et du FMI. Ces prêts étaient chaque fois conditionnés à la mise en œuvre de « plans d’ajustement structurels » qui ont conduit à la misère des pans entiers de la population de ces pays et livré les banques locales, les entreprises publiques et privées, les forêts tropicales aux appétits des multinationales.

    […]

    En 1997, les seuls pays émergents qui avaient échappé à la crise financière du Sud-est asiatique étaient ceux qui avaient refusé les remèdes préconisés par le FMI.

    En janvier 1998, à Davos, Jeffrey Sachs, professeur d’économie à Harvard avait dressé le tableau de la crise financière du Sud-est asiatique en 1997. Il avait démontré, preuves à l’appui, que la monnaie de chacun des pays touchés (Thaïlande, Philippines, Corée du Sud, Indonésie…) s’était écroulée non pas avant, mais après l’intervention du FMI. Les seuls pays émergents qui avaient échappé à la crise financière du Sud-est asiatique étaient ceux qui avaient refusé les remèdes préconisés par le FMI : la Chine et la Malaisie.

    Deux ans plus tard, l’autre « meilleur élève » du FMI, l’Argentine connaissait une crise financière sans précédent.

    En 2008, le FMI sous la houlette de DSK n’a pas vu venir le krach qui a frappé les places financières mondiales et les pouvoirs publics ont renfloué à coup de centaines de milliards d’euros les banques et systèmes financiers en pleine débandade. Rares sont ceux qui ont vu dans la crise des crédits hypothécaires subprimes aux États-Unis le talon d’Achille d’un système financier étroitement dépendant de produits financiers de plus en plus complexes.

    Aujourd’hui, le plan de rigueur draconien concocté pour la Grèce met à genoux le peuple grec, préférant sauver le système qui risque de faire couler l’Europe plutôt que de le repenser en intégrant le peuple grec. Le plan du FMI et celui de l’Union Européenne favorisent la libéralisation du marché, la baisse des dépenses du secteur public, la baisse du pouvoir d’achat des millions de travailleurs.

    […]

    L’ambiguïté du rôle de DSK à la tête du FMI altère sa crédibilité politique d’homme de gauche

    Les pays émergents ont tiré depuis un certain temps les leçons des politiques mises en œuvre par le FMI et font tout pour ne plus se retrouver à nouveau entre ses griffes. Ils profitent pour cela de la conjoncture économique. Les prix élevés des matières premières et de certains produits agricoles depuis 2004 leur ont ainsi permis de constituer d’importantes réserves de change : 3 000 milliards de dollars en 2007, le double de celles des pays industrialisés.

    Comme le constate Eric Toussaint du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde : « Les signes de distance par rapport à la banque mondiale et au FMI se multiplient : l’Equateur a expulsé le représentant permanent de la banque mondiale à Quito fin avril 2007 et le Venezuela s’est retiré de la Banque Mondiale et du FMI… »

    Plusieurs gouvernements ont ainsi choisi de rembourser, de manière anticipée, leurs dettes envers le FMI. Neuf pays d’Amérique latine ont même décidé de créer une « Banque du Sud » pour financer leur intégration régionale et leurs projets sociaux.

    Cette méfiance de l’Amérique Latine et le dernier plan d’aide à la Grèce sont révélateurs d’un système malade.

    Le déficit de la Grèce est bien sûr l’œuvre des grecs eux-mêmes, de leur tendance à corrompre l’économie, à utiliser massivement la fraude fiscale, à avoir le deuxième plus important budget militaire du monde (en % du PIB), à abuser du système et de la confiance des européens. Mais cette crise est largement aggravée par les marchés et la spéculation. Et cela n’étonne personne d’entendre dire sans cesse que les mesures annoncées qui n’ont d’autre finalité que de faire payer la crise aux salariés plutôt qu’aux bénéficiaires des paradis fiscaux, sert à rassurer le marché.

    En France, si DSK confirme son départ à la course présidentielle en 2012, il faudra qu’il s’explique un peu mieux sur sa position, son idéologie et son action au sein du FMI.

    Aujourd’hui, ce dernier se dit « admiratif de l’extrême rigueur choisie par le gouvernement Papandréou » (Le Monde du 4 mai 2010) dont il est en grande partie l’instigateur et n’a qu’une idée en tête : rassurer le marché et diminuer le déficit.

    Hier, sous le gouvernement Jospin, il préconisait une baisse du taux supérieur de l’impôt sur le revenu au profit des très hauts revenus. Il défendait également une défiscalisation sans limite des stocks options et voulait accélérer la privatisation du service public.

    Le PS aura du mal à apparaître crédible comme parti du changement si DSK est son candidat en 2012 d’autant plus, qu’outre le Directeur du FMI, un autre « socialiste », Pascal Lamy, œuvre à l’OMC et ne cesse de prôner un libéralisme qui fait de plus en plus de ravages dans le monde…

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